table de plongée

Table de plongée: qu’est-ce que c’est et comment l’utiliser?

La plongée sous-marine fait rêver, mais elle comporte un risque bien réel : l’accident de décompression. Pour l’éviter, les plongeurs disposent depuis des décennies d’un outil simple et fiable : la table de plongée. Cet abaque vous permet de planifier vos immersions, de connaître le temps que vous pouvez passer à une profondeur donnée et de déterminer les éventuels paliers à respecter avant de remonter.

Que vous débutiez ou que vous souhaitiez réviser vos bases, ce guide vous explique en détail ce qu’est une table de plongée, à quoi elle sert et comment l’utiliser correctement.

Qu’est-ce qu’une table de plongée?

Une table de plongée est un tableau chiffré qui indique, en fonction de la profondeur atteinte et de la durée de l’immersion, les conditions de remontée à respecter pour éviter tout incident. Concrètement, elle vous dit combien de temps vous pouvez rester à une profondeur donnée sans avoir à effectuer de palier obligatoire, et quels paliers réaliser si vous dépassez cette limite.

Son principe repose sur la gestion de l’azote. Lorsque vous plongez, l’air que vous respirez est comprimé par la pression de l’eau. L’azote contenu dans cet air se dissout dans vos tissus et votre sang, en quantité d’autant plus importante que vous descendez profond et que vous restez longtemps. La table de plongée modélise ce phénomène pour vous éviter d’accumuler un excès d’azote dangereux.

Table de plongée ou table de décompression: quelle différence?

Vous rencontrerez souvent les deux expressions, et elles désignent en pratique le même outil. Le terme « table de décompression » insiste sur la fonction principale de l’abaque : gérer la décompression, c’est-à-dire la remontée maîtrisée qui permet à l’azote de s’évacuer sans danger. « Table de plongée » est l’appellation plus courante et plus générale.

Autrement dit, toutes les tables de plongée sont des tables de décompression. Il n’y a donc pas lieu de vous perdre dans les nuances de vocabulaire : les deux termes renvoient au même document de référence.

Pourquoi les tables de plongée existent: saturation et désaturation

Pour comprendre l’utilité de la table, il faut saisir deux notions clés. La saturation correspond à la phase où votre corps absorbe l’azote pendant la descente et le temps passé au fond. La désaturation est la phase inverse : lors de la remontée, l’azote dissous doit ressortir progressivement de vos tissus pour être évacué par les poumons.

Si vous remontez trop vite, l’azote n’a pas le temps de s’évacuer en douceur. Il forme alors des bulles dans le sang et les tissus, exactement comme lorsque vous ouvrez brutalement une bouteille de soda. Ces bulles provoquent l’accident de décompression. La table de plongée existe précisément pour cadencer votre remontée et laisser à votre organisme le temps de désaturer.

À quoi servent les tables de décompression?

Prévenir l’accident de décompression

C’est la raison d’être de la table. L’accident de décompression (ADD) peut entraîner des douleurs articulaires, des troubles neurologiques, voire des séquelles graves. En respectant scrupuleusement les indications de la table, vous limitez la formation de bulles d’azote et réduisez considérablement ce risque.

Planifier la durée et la profondeur d’une plongée

La table vous permet de préparer votre plongée à l’avance. Avant même de vous mettre à l’eau, vous savez combien de temps vous pouvez rester à 20, 30 ou 40 mètres sans palier obligatoire. Cette planification est essentielle pour gérer votre autonomie en air et rester dans les limites de sécurité.

Déterminer les paliers de décompression

Si vous dépassez la durée sans palier, la table vous indique précisément les paliers à effectuer : à quelle profondeur vous arrêter et combien de temps y rester. Un palier consiste à stopper votre remontée à une profondeur donnée (par exemple 3 mètres) pendant quelques minutes, le temps de laisser l’azote s’évacuer.

Comment lire une table de plongée?

Les données clés

Une table de plongée s’articule autour de plusieurs paramètres que vous devez identifier :

  • La profondeur : la profondeur maximale atteinte pendant la plongée, exprimée en mètres.
  • La durée : le temps écoulé entre le début de la descente et le début de la remontée.
  • Les paliers : la profondeur et la durée des arrêts obligatoires lors de la remontée.

Vous croisez la profondeur et la durée dans le tableau pour obtenir vos consignes de remontée.

La plongée successive et l’intervalle de surface

Les choses se compliquent légèrement lorsque vous enchaînez deux plongées dans la même journée. On parle alors de plongée successive : toute plongée réalisée dans un intervalle inférieur à un certain délai après la précédente (souvent moins de 12 heures selon les tables).

Entre les deux immersions, vous passez du temps en surface : c’est l’intervalle de surface. Plus cet intervalle est long, plus votre corps a le temps d’évacuer l’azote résiduel accumulé lors de la première plongée.

Le groupe de plongée successive et l’azote résiduel

À la fin de votre première plongée, la table vous attribue une lettre : le groupe de plongée successive (GPS). Cette lettre reflète la quantité d’azote encore présente dans votre organisme. En croisant ce GPS avec la durée de votre intervalle de surface, vous obtenez un coefficient d’azote résiduel qui vient s’ajouter à votre deuxième plongée. Ce mécanisme garantit que la plongée successive tienne compte de l’azote déjà accumulé.

Exemple concret de lecture pas à pas

Prenons un cas simple. Vous plongez à 20 mètres pendant 40 minutes. Vous consultez la ligne « 20 m » et la colonne « 40 min ». Supposons que la table indique un palier de 3 minutes à 3 mètres et vous attribue un GPS « H ».

Vous remontez donc jusqu’à 3 mètres, vous y patientez 3 minutes, puis vous rejoignez la surface lentement. Si vous prévoyez une seconde plongée, vous noterez votre GPS « H » pour calculer, après votre intervalle de surface, l’azote résiduel à intégrer dans la planification suivante.

Les principales tables de plongée

Les tables MN90, référence en France

En France, les tables les plus utilisées sont les tables MN90 (Marine Nationale 1990). Elles servent de référence dans la formation des plongeurs et sont enseignées dans la plupart des clubs affiliés à la FFESSM. Elles ont été conçues à partir de nombreuses données physiologiques et restent une base solide pour la plongée à l’air.

Les autres tables

D’autres organismes proposent leurs propres tables, comme PADI (avec sa Recreational Dive Planner) ou la BSAC britannique. Chaque table repose sur un modèle légèrement différent et ses propres marges de sécurité. L’essentiel est de n’utiliser qu’une seule table à la fois et de ne jamais mélanger les données de plusieurs modèles.

Tables de plongée ou ordinateur de plongée: faut-il encore les utiliser?

Aujourd’hui, la plupart des plongeurs s’équipent d’un ordinateur de plongée, qui calcule en temps réel votre décompression en suivant votre profil exact. C’est plus précis et plus souple qu’une table, qui raisonne sur la profondeur maximale atteinte.

Pour autant, la table de plongée reste indispensable. Elle vous apprend à comprendre les mécanismes de la décompression, elle sert de solution de secours en cas de panne de votre ordinateur, et elle demeure un outil de planification incontournable. Savoir lire une table fait partie du bagage de tout plongeur autonome.

Comment utiliser une table de plongée en pratique?

Les étapes de planification avant la plongée

Avant de vous immerger, définissez votre profondeur maximale et la durée prévue. Vérifiez dans la table que ce profil ne vous impose pas de paliers incompatibles avec votre autonomie en air. Notez à l’avance vos paliers éventuels et, si une seconde plongée est prévue, anticipez votre GPS et votre intervalle de surface.

Les erreurs fréquentes à éviter

Plusieurs erreurs reviennent souvent. La première consiste à sous-estimer la profondeur réellement atteinte : la table se lit toujours sur la profondeur maximale, même si vous n’y êtes resté que quelques instants. La deuxième est d’oublier de comptabiliser une plongée successive. La troisième est de négliger la vitesse de remontée, pourtant déterminante.

Les bonnes pratiques de sécurité

Respectez toujours une vitesse de remontée lente, généralement de l’ordre de 15 mètres par minute. Effectuez systématiquement un palier de sécurité de 3 minutes à 3 mètres, même quand la table ne l’impose pas : c’est une marge de précaution précieuse. Enfin, appliquez toujours une marge de prudence et n’exploitez pas les limites de la table au maximum.


La table de plongée est bien plus qu’un simple tableau de chiffres : c’est un outil de sécurité fondamental qui vous permet de planifier vos immersions et de prévenir l’accident de décompression. Comprendre son fonctionnement — saturation, désaturation, paliers, plongées successives — vous rend plus autonome et plus serein sous l’eau, que vous utilisiez ensuite une table papier ou un ordinateur de plongée.

Pour maîtriser réellement cet outil, rien ne remplace une formation encadrée. Rapprochez-vous d’un club ou d’un moniteur diplômé pour vous exercer à lire une table de plongée dans des conditions concrètes. Votre sécurité en dépend.

FAQ sur la table de plongée

Une table de plongée est-elle obligatoire?

La réglementation impose de disposer d’un moyen de gérer sa décompression. Une table ou un ordinateur de plongée remplit cette fonction. Savoir utiliser une table reste exigé dans la plupart des cursus de formation.

Peut-on plonger sans table ni ordinateur?

Non. Plonger sans aucun moyen de calculer sa décompression vous expose directement à l’accident de décompression. C’est une pratique dangereuse et proscrite.

Comment fonctionne une table de décompression pour les plongées successives?

Elle attribue un groupe de plongée successive à la fin de la première immersion, puis intègre l’azote résiduel en fonction de l’intervalle de surface pour calculer la seconde plongée.

Les tables de plongée sont-elles fiables à 100%?

Aucun outil ne garantit un risque nul, car chaque organisme réagit différemment. Les tables intègrent des marges de sécurité, mais la prudence, la forme physique et le respect des consignes restent essentiels.

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